Une histoire de l’Alliance Française de Shanghai

Depuis 1992, l’Alliance Francaise de Shanghai fait partie du paysage culturel et educatif de la métropole shanghaïenne, relais incontournable de la francophonie et des relations franco-chinoises sur les bords du Huangpu. Une histoire qu’on associe naturellement à la reouverture de la Chine et et à son décollage économique… Et pourtant, se pourrait-il que l’aventure ait commencé plus tôt ? Remontant la trace de mystérieux livres estampillés “Alliance française de Changhai” réapparus au Japon,cette conference nous propose de découvrir une histoire plus que centenaire. Mêlant jeu diplomatique education et culture mais aussi rencontres interculturelles et quelques destins hors du commun, nous verrons que depuis la fin du dix-neuvième siècle, la trajectoire de l’Alliance Française se confond avec le destin de Shanghai.

Christophe Koeltgen, Professeur documentaliste au Lycée Français de Shanghai et diplômé en histoire-géographie, il anime depuis 2020 le pôle recherches de la Société d’Histoire des Francais de Chine. Arrivé à Shanghai en 2016 pour travailler à la médiathèque de l’Alliance
Française, il s’intéresse depuis à l’histoire de la culture et de l’education a Shanghai, plus particulièrement au sein de l’ancienne Concession française.

Le Cinéma à Shanghai

La ville de Shanghai est, dans les premières décennies du vingtième siècle, un haut lieu de la production cinématographique en Asie.
Le « Paris de l’Orient » est à la fois un lieu de tournage, de production et de diffusion, mais c’est aussi un espace représenté par ce même cinéma, depuis les scenes de la vie quotidienne jusqu’aux lieux de plaisirs.
Autant de variété, autant de complexité cette conférence portera sur la présence du cinéma à Shanghai au vingtième siècle, avec un focus sur la période des années 1930 et 1940.

Anne Kerlan, normalienne, agrégée, est directrice de recherche au CNRS. Elle est à présent chercheuse au Centre d’études sur la Chine moderne et contemporaine (CNRS-EHESS). Elle développe principalement ses recherches dans le domaine de l’histoire visuelle de la Chine moderne et contemporaine. Ses travaux les plus récents portent sur l’histoire du cinéma chinois, notamment le cinéma de la période républicaine (1912-1949).

Et Shanghai demeure

Chine : l’empire des langues

VOYAGE AU CŒUR DES DIFFÉRENTES LANGUES CHINOISES

Par Frederic Ture

La Chine est souvent representée et perçue comme un monolythe : vaste, vénérable et, surtout, homogène. La réalité est autre, même si depuis plus d’un siècle l’État central pousse à la normalisation. La langue chinoise est le miroir de cette réalité complexe : il n’y a pas une langue chinoise, mais des langues chinoises. S’il y a une langue chinoise “ancêtre et mère originelle” commune, l’histoire et la géographie de la Chine ont conduit à la naissance et à l’épanouissement d’une multitude de chinois (au pluriel) au sein du pays, mais aussi au-delà de ses frontières historiques.
Ces langues sont le témoin du passé riche et tumultueux des communautés qui les parlent. Elles sont une fenêtre donnant vue sur le passé de la Chine, de sa richesse et diversité culturelle et de son influence dans le monde.

Frederic Ture – Entrepreneur et dirigeant d’entreprise dans le secteur du luxe, Frederic vit en Chine depuis plus de 20 ans. De par sa profession et ses centres d’intérêt, il a pu sillonner la Chine (30 provinces et plus de 120 villes visitées) et a eu le privilège d’être le témoin des changements colossaux de ce vaste pays depuis le début du siècle.
De parents Français et Chinois. Frederic se passionne pour les langues, l’histoire et la culture. Bilingue en cantonais, mandarin et courant en japonais, il est photographe amateur et voyageur à ses heures perdues.

Le sanctuaire marial de Sheshan

fleuron des Jésuites français à Shanghai

Moins connus que Xujiahui et Tushanwan, la basilique et l’observatoire au sommet de la colline de Sheshan appartiennent également au patrimoine jésuite majeur de Shanghai. La conférence retrace les étapes de la conquête de la colline bouddhique par les missionnaires catholiques qui y substituèrent un pèlerinage marial au culte séculaire de Guanyin. Chaque étape s’accompagne de constructions : un petit oratoire érigé au sommet en 1867, remplacé par une première église dès 1871-1873, puis par la grande église actuelle en 1922-1936, élevée au rang de basilique mineure en 1942. Le premier observatoire astronomique moderne de Chine couronne en 1899-1901 le sommet de la colline d’un pôle scientifique cher aux Jésuites. Des missionnaires architectes et les frères charpentiers français, belge, portugais et allemand œuvrèrent à Sheshan. Outre les aspects architecturaux, la conférence évoque également le déroulement d’un pèlerinage sur le flanc sud de la colline, ses interactions sociales et économiques avec Shanghai, et son évolution locale (Songjiang), régionale (Jiangnan) et nationale (Chine) en moins de trois générations.

Thomas Coomans, professeur à l’Université de Louvain (Belgique), enseigne l’histoire de l’architecture et la conservation du patrimoine bâti. Ses recherches portent notamment sur les églises bâties en Chine (1840-1950) et aux transferts architecturaux entre Europe et Chine. Son dernier livre consacré à Sheshan à Shanghai paraît en juin aux Presses universitaires de Tongji.

Le voyage archéologique et poétique de Segalen

« Je distingue un cheval de pierre et je lance le mien à ses trousses » (Lettres de Chine) : en Chine, Victor Segalen (1878-1919) chasse des chevaux en pierre et des lions sculptes
Témoin de la disparition de l’Empire de Chine en 1911, Segalen – poète, archéologue et médecin de la marine tout à la fois – se plonge dans un voyage dans le temps en effectuant plusieurs expéditions archéologiques. Sa prédilection notamment : les monuments funéraires des animaux fantastiques gardant des tombeaux d’empereurs. Quand ceux-ci n’existent plus seuls, ils tiennent debout, en pleine campagne, traversant de longs siècles. Pour Segalen, ils sont moins vestiges de l’histoire que l’immortalité même de l’art, mieux, ce sont des licornes qui lui ouvrent une voie singulière dans un autre voyage : celui de la création poétique.

HUANG Bei est professeure de littérature comparée à I’Université Fudan. Elle a traduit en chinois, entre autres, Peintures et Essai sur l’exotisme de Victor Segalen. Elle a publié Segalen et Claudel. Un dialogue à travers la peinture extreme-orientale (Presses universitaires de Rennes, 2007) et édité avec Philippe Postel le numéro 3 des Cahiers Victor Segalen, intitulé Lectures chinoises de Victor Segalen (Honoré Champion, 2017).

Aux origines de la Chambre de Commerce française en Chine

Par Hugues Martin et David Maurizot

En 1916, sous l’impulsion des plus grandes maisons de commerce françaises de « Changhai », naissait la Chambre de Commerce française en Chine. Comment fonctionnait la Chambre d’alors ? Quelles en ont été les figures marquantes dans les années 20 et 30 ? Que faisaient en Chine les entreprises françaises de l’époque ?
Avec la digitalisation récente d’une partie des archives de la Chambre de Commerce et via d’autres sources, David Maurizot et Hugues Martin vous propose de voyager dans le temps. Il était une fois… le monde français des affaires.

Hugues Martin est un des partenaires d’EXPATRIMO, une société de conseil en investissement en France pour les Français en Asie. Il est installé à Shanghai depuis 19 ans. Passionné d’architecture, d’urbanisme et d’histoire, il est l’auteur du blog sur l’histoire de Shanghai, shanghailander.net depuis 2006.

David Maurizot est le président de la Société d’Histoire des Français de Chine. Installé en Chine depuis 20 ans, sinophone et passionné d’histoire de Chine, il est également actuellement membre du Bureau de la Chambre de Commerce et d’Industrie France-Chine.

L’Université l’Aurore (1903-1952)

Une université chinoise, catholique et française
Par Yi Ren
Lundi 6 mars 2023
A partir de 18h30
L’Université l’Aurore, première université catholique en Chine a été créée par le père chinois MA Xiangbo et les jésuites français à Shanghai en 1903.
Après avoir retracé l’histoire de la création de l’Université et les conflits qui conduisirent à sa scission, la conférence se focalisera sur un questionnement attentif à l’insertion sociale et intellectuelle de l’établissement, à son fonctionnement interne, sa pédagogie, ses pratiques savantes et à son dialogue avec les diverses communautés.
L’histoire de L’Université l’Aurore nous renvoie à l’expansion européenne en Asie orientale, sous une forme qui ne fut pas exactement celle de la colonisation. Son parcours a démontré les interactions religieuses entre l’Europe et le monde chinois, ainsi que la modernité chinoise en fonction d’objectifs hétérogènes.
Ren Yi est professeure associée au département d’histoire de l’Université Jiao Tong de Shanghai. Titulaire d’un doctorat en économie sociale de l’Ecole des Hautes Études en Sciences Sociales, elle concentre ses recherches sur l’échange scientifique et culturel sino-français (XIXe – XXe siècle) ainsi que sur l’histoire économique de la Chine contemporaine. Elle a dirigé plusieurs projets de recherche financés par le Fonds National chinois des Sciences Sociales, la Municipalité de Shanghai ainsi que le Ministère français des affaires étrangères et a publié une vingtaine d’articles en chinois, français et anglais dans des revues académiques de grande réputation (SSCI, A&HCI, CSSCI). Spécialiste de l’histoire des relations entre la France et la ville de Shanghai, Ren Yi contribue par son travail d’enseignement et de recherche à renforcer les liens de la longue histoire qui unissent la région du Delta du Yangzi et la France.

Un siècle de bande dessinée chinoise

Née à Shanghai, dans le tourbillon artistique et créatif des années 1920, la bande dessinée en Chine a connu un développement exceptionnel des années 1950 aux années 1980 où elle est utilisée pour alphabétiser et unifier culturellement la population. Tous les enfants grandissent alors en se plongeant avec passion dans ces petits livres aux formats oblongs qui tiennent dans la paume de la main.
Dans cette conférence, on expliquera les origines nationales et les influences étrangères de la bande dessinée chinoise. On montrera l’évolution graphique et thématique de ses deux branches majeures, le manhua et le lianhuanhua, en parallèle avec l’histoire du pays et en suivant la carrière de quelques auteurs célèbres. On fera enfin le point sur sa situation actuelle.
Yohan Radomski est professeur de français à l’université Jiaotong de Shanghai. Homme du livre, il a travaillé à la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image à Angoulême, a dirigé la librairie française de Shanghai L’Arbre du Voyageur et a coopéré avec les Éditions de la Cerise pour la publication d’auteurs chinois en France : Au Pays du Cerf Blanc de Li Zhiwu, Quand mon âme vagabonde en ces anciens royaumes de Dai Dunbang, Souvenirs de Hulan He de Hou Guoliang. En 2022, il est commissaire d’une exposition sur l’art de la bande dessinée au Shanghai Culture Square : Drawing Shanghai.

Comment lire les classiques chinois ?

Comment les lire pour eux-mêmes, mais aussi avec les questions qui sont nôtres ?

Cette conférence introduira la production textuelle chinoise antique, jusqu’à la fin de la dynastie Han. Elle montrera l’unité de ce massif textuel, construite autour d’une appréhension réflexive de nos expériences, et détaillera les débats qui le traversent, lesquels restent largement les nôtres : le marquage de nos identités; la manière dont se construit et se conteste l’ordre politique; la maîtrise et le partage du langage.

Benoît Vermander est professeur à l’Université Fudan (Shanghai) où il enseigne l’anthropologie religieuse et l’herméneutique des classiques chinois. Dans ses publications, il s’essaie à penser la façon dont les sociétés, les religions et les cultures construisent et croisent leurs mémoires, leurs textes et leurs rituels. Il a récemment publié L’Homme et le grain (avec Alain Bonjeann Les Belles Lettres, 2021) et Comment lire les classiques chinois ? (Les Belles Lettres, 2022).